Le janvier sec, ou « Dry January » tel qu’il est appelé en Angleterre où ce concept a vu le jour, est une opportunité de faire une pause sur notre consommation d’alcool, le temps d’un mois. Mais pourquoi, et surtout comment l’aborder de la façon la plus saine et la plus efficace possible?

Faire une pause sur notre consommation d’alcool le temps d’un mois est une idée qui daterait de 2013, et qui s’est implantée en Grande-Bretagne suite à une campagne de prévention lancée cette année-là. Si les bienfaits supposés de ce mois sec sont tantôt certifiés par des études, tantôt remis en cause, un fait notable semble malgré tout ressortir : c’est l’occasion de réflexion et d’introspection que cette expérience apporte. En effet, repenser à notre consommation d’alcool durant l’année offre l’opportunité de nous ouvrir les portes sur une meilleure connaissance de nous-mêmes : comment buvons-nous? Pour quelles raisons? Il est certain que la consommation d’alcool peut prendre différentes formes chez les individus. La responsabilité de chacun entre en jeu.

La consommation la plus saine, recommandée par les spécialistes de la santé, serait une consommation régulière et modérée (lire à ce sujet les études sur le « French Paradox« ), tandis que la consommation la plus dangereuse serait d’enchaîner les excès le week-end entrecoupés d’abstinence pendant la semaine pour revenir aux excès le week-end suivant.

Si nous avons du mal à nous projeter dans cette prise de responsabilité, ou si nous ne voyons pas d’inconvénients à notre consommation d’alcool, une petite pensée pour notre foie et la manière dont il fonctionne pourrait tout de même s’avérer utile. Car il est vrai que nous pensons rarement à lui ! Mais lui, sans rien demander en retour, s’occupe bien de nous. Il trie, régule, filtre, s’occupe de nos graisses et nos sucres, et prend soin de notre métabolisme. Mais pour autant, ses capacités ne sont pas illimitées. Lui accorder un peu plus d’attention, de compréhension, l’espace d’un mois par an, ne serait donc pas une mauvaise idée. Y compris pour ceux et celles d’entre nous qui sont en accord avec leur consommation d’alcool.

anthony-tuil-779495-unsplashPhoto by Anthony Tuil on Unsplash
Attention à ne pas pousser le janvier sec trop loin non plus…Bien que cette personne semble tout à fait heureuse.

Un autre facteur pertinent à prendre en compte et légèrement plus abstrait est celui de clarté d’esprit. Boire raisonnablement par habitude n’est un pas mal en soi, au contraire ce serait même bénéfique pour la santé, autant physique que psychique (encore une fois se référer au « French Paraodox » pour plus de détails). Mais comme souvent, lorsque cela devient inconscient, ramener cette habitude à la surface, en la stoppant le temps d’un mois justement), peut permettre de retrouver un lien avec les effets bénéfiques de notre consommation d’alcool (les études portent principalement sur la bière et le vin rouge, mais d’autres études menées sur le whisky offrent des résultats de plus en plus convaincants).

Aussi, le cerveau se réhabitue à ne plus recevoir de substances anti-anxiogènes de façon régulière. Une clarté d’esprit nouvelle s’installe alors souvent au fil de ce mois sec.

Tout ceci étant dit, il est important de souligner un possible travers de cette pratique. Si notre consommation d’alcool est trop élevée ou irresponsable pendant l’année, ce n’est pas en faisant abstinence pendant un mois que nous pourrons nous « détoxifier ». Cela pourrait même tourner à l’auto-punition sans qu’aucun résultat positif ne se fasse ressentir. Faire un petit changement et s’y tenir apporte beaucoup plus de satisfaction et de gratitude personnelle que faire un gros changement radical et replonger dans l’excès ensuite.

Alors, effet de masse ou sagesse des anciens? À vous de juger !