En refermant le livre « Le Charme Discret de l’Intestin » de Jules Sanders, de nombreuses impressions me sont revenues. Je me suis souvenu de certains travaux que j’ai menés ayant trait à l’effet du vin sur la santé physique et mentale, liés notamment au « French Paradox » ainsi que le « régime méditerranéen » pour ne citer que les principaux.

Réalisant le fort intérêt contemporain concernant la flore microbienne propre à l’intestin, son rôle de « deuxième cerveau », et même de premier cerveau pour certains chercheurs et chercheuses, je voudrais tenter de mettre en lien ces savoir ainsi que mes recherches personnelles à ce sujet. Plusieurs études vantent les mérites d’une flore microbienne variée pour la bonne santé physique et mentale, la consommation de céréales et légumineuses ainsi que des aliments riches en fibres étant la base pour assurer une flore riche et variée. Il semblerait que la consommation d’aliments riches en tanins et polyphénol comme le café, le chocolat noir, le thé mais aussi bien sûr le vin (rouge surtout) ait un impact très bénéfique sur la santé de nos intestins. Or, d’autres études montrent que la consommation de vin en l’occurrence aurait plutôt un effet négatif sur une certaine bactérie, la Lactobacillus. Les consommateurs et consommatrices réguliers de vin en auraient les intestins presque dépourvus. Mais cette découverte serait en fait une découverte positive, dans le sens où elle permettrait au consommateur régulier d’avoir une flore intestinale se rapprochant de celle de nos ancêtres chasseur-cueilleurs, proches de la nature et donc potentiellement plus facilement immunisés.

ravi-roshan-383162-unsplashPhoto by Ravi Roshan on Unsplash
Les mystères de la vie se cachent peut-être tout près de nous…

Le constat que je fais de mes études sur l’action du vin sur la santé est le suivant : la consommation de vin semble avoir une action bénéfique sur notre santé physique et mentale via notre flore intestinale boostée. Or, aucune étude ne peut se targuer de faits scientifiques réels et précis quand à la façon dont fonctionne cette flore, ainsi que l’action du vin rouge ou du vin en général sur cette population microbienne et bactérienne. De la même façon, lorsqu’il s’agit de la consommation de vin pour une femme enceinte, la science et la médecine ne savent toujours pas évaluer la quantité consommée potentiellement dangereuse ou au contraire potentiellement bénéfique pour le fœtus et la mère, et la politique du « zéro alcool » pendant la grossesse est le plus souvent adopté par défaut, la femme étant laissée libre de choisir par elle-même ou avec son compagnon si elle souhaite consommer une quantité très modérée de vin par exemple ou au contraire ne pas toucher une goutte. Comme souvent, la science sait, mais sans savoir…

Cela me ramène encore une fois au même constat concernant les études scientifiques sur la consommation du vin et la santé : des approximations, des tentatives de recherche de vérité, mais jamais de possibilité réelle de comprendre comment le vin agit sur notre corps et notre esprit. Cela ne m’étonne pas car si tout un savoir a été acquis à travers nos civilisations humaines concernant la consommation de vin et que la science n’est arrivée que sur le tard à l’échelle historique, nous pouvons retenir que le savoir originel serait plus intuitif, plus expérimental et donc plus concret et réel, tandis que le savoir scientifique ne semble être qu’une approche limitée et imitative de ce que nous savons déjà par… l’observation. La science a bien sûr son intérêt mais je dirais (et cela n’engage que moi) : attention à ne pas la laisser s’emparer d’une capacité humaine à comprendre et analyser les choses et phénomènes qui nous entourent sans avoir besoin de recourir à une validation extérieure. Nous sommes naturellement aptes à juger par nous-même ce qui est bon et ce qui est mauvais pour notre corps et notre esprit, et les déviances liées à l’ignorance ne sont pas forcément médical ou scientifique mais parfois simplement émotionnelles ou spirituelles.

Le vin est considéré comme un « produit », une « boisson alcoolique » seulement depuis une courte période de l’histoire humaine. Avant les révolutions technologiques et scientifiques, des approches tout à fait différentes de ce breuvage étaient adoptées par les peuples et les civilisations. Le vin n’était alors pas réduit a une simple formule de différentes molécules, mais il possédait un pouvoir propre à lui-même créatif et constructif, et aussi potentiellement destructeur.

Ce blog est en un hommage aux vins et aux produits du terroir, et j’insiste souvent sur l’idée de nous rapprocher de toutes les dimensions de ce que les produits du terroir ont à offrir, et dans ces dimensions il y en a une qui peux être délicate à approcher : c’est la dimension spirituelle. Le scientifique n’est bien sûr pas à occulter mais seulement pris en considération parmi tant d’autres facettes si nombreuses qu’une boisson ou un produit du terroir ont à offrir.

Nous avons tant à apprendre sur nous-mêmes, notre condition d’êtres humains sur terre, via les produits du terroir, qu’il m’apparaît nécessaire de les approcher grâce à toute nos différentes formes d’intelligence humaine, de les préserver, leur rendre hommage, et surtout…

Les consommer avec joie et délice, pour le bien-être de l’humanité !