« Le but de la civilisation, c’est la culture et le luxe. Une fois ce but atteint, la civilisation se gâte et décline, suivant en cela l’exemple des êtres vivants. » (Ibn Khaloum).

Commençons par le commencement : une civilisation, ainsi qu’un terroir, sont tous deux définissables selon des critères bien précis : la première regroupe l’ensemble des traits sociaux, religieux, moraux, artistiques, intellectuels, politiques ou encore scientifiques et techniques d’un peuple. Cela se transmet de génération en génération par l’éducation.

Le terroir est défini de cette façon : la terre, le ciel et les hommes. Plus en détails, ça donne par exemple la climatologie, la géologie, et moulte autres critères qui ont fait le sujet de cet article.

Seules l’éducation et la culture peuvent assurer la pérennité d’une civilisation. Et en ce qui concerne la sauvegarde de nos terroirs…et bien c’est la même chose : pour ce dernier, le changement climatique ne sera empêché que par l’éducation, tout comme la régulation de l’économie en permettant à tout le monde, et pas seulement aux plus riches ou aux mieux « placés », de faire du vin.

Une civilisation meurt quand elle a épuisé ses récits de légitimité : socialisme, hitlérisme, communisme, fascisme, récit religieux. Selon Jean François Lyotard (philosophe, 1924-1998), nous en serions aujourd’hui au stade du libéralisme sauvage.

Cela ne vous rappelle rien? Le vin a expérimenté tous ces systèmes à travers son histoire, représentés d’un côté par le système des AOC et ses privatisations, de l’autre par l’arrachage de la moitié des vignobles de Gaule par l’empereur Dominitien au début du IIème siècle. Et aujourd’hui le courant en vogue est tout simplement : le libéralisme sauvage représenté par le mouvement des vins naturels. Ce libéralisme sauvage décrit plus haut pourrait sembler à première vue éthique, fédérateur, comme le semble être le mouvement des vins naturels. Or, d’aucuns diraient qu’il n’en est rien.

En effet, ces deux mouvements similaires ne seraient ni plus ni moins que l’expression d’un chacun pour soi déguisé derrière un élan fédérateur poussif, qui se traduit dans le monde du vin par les salons et groupes d’amateurs voués entièrement à cette même cause, mais ne proposant finalement ni plus ni moins qu’une envie forte de se trouver un même combat, car trop emmitouflés dans leur zone de confort pour avoir le vrai courage de se regrouper et faire avancer les choses. En gros, la caricature de ce qu’on appelle les « bobos », ce mot si souvent vomi dans les articles concernant le vin naturel, ou bio et biodynamique par extension.

Et pourtant… L’éthique de l’économie semble bien comprise et intégrée par les acteurs/trices de ces mouvements cités plus haut, et il y aurait même un plus non négligeable chez ces revendicateurs : il /elles ont compris que le vin, s’il est un outil politique et économique certain, reste avant tout un allié du corps et de l’esprit. Chose que la politique et l’économie seules ne peuvent comprendre, car l’argent, immatériel et déconnecté du corps, n’a qu’une valeur symbolique et non physique/médicale/spirituelle.

Ce rapport au visible et à l’invisible est justement ce qui fait la particularité de la civilisation chinoise. La civilisation occidentale renvoi quant à elle l’invisible soit au religieux, soit à l’irrationnel. Il paraîtrait que la plus grande caractéristique de la civilisation orientale serait de connaître le contentement, et que celle de l’occident est de ne pas le connaitre. Deux civilisations résumées en deux phrase par le philosophe chinois Hu Shi.

Et justement, l’élément manquant à notre civilisation occidentale actuelle serait en fait… la spiritualité. Mais cette spiritualité est-elle vraiment si absente, lointaine? Je n’en suis pas si sûr, je crois plutôt que le vin qui la représente est consommé aujourd’hui sans révérence ni culte, comme ça a pu être le cas dans des civilisations telles que la civilisation Grecque. Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas, et le cœur et le corps eux savent reconnaître l’élan de spiritualité inhérent à un bon vin, même si en apparence la « raison » peut vouloir boire du vin par attachement social à des opinions, des idées ou des groupes…

Pour sauvegarder la civilisation, la solution serait de retrouver un vivre-ensemble lié à une transcendance. Ces deux éléments sont bien apportés par le vin, et c’est d’ailleurs ce même vin qui a contribué à construire les civilisations du passé, y compris la nôtre.

Alors, aurait-il pu aussi contribuer au déclin de ces dernières? C’est bien ce que cherchent à faire croire les lois Evin et autres études prouvant les dangers de la consommation du vin sur la santé, toute plus contradictoires les unes que les autres. Comme le dit si bien une vidéo de Groland qui tourne ces études en ridicule : « Selon une étude récente, un verre de vin par jour donne le cancer du foie. Selon une étude récente, deux verres de vin par jour améliore considérablement la qualité de vie. Selon un étude récentes, deux verres de vin par jour protègent le foie du cancer mais diminuent l’espérance de vie…ect ect.

Diaboliser le vin est une stratégie qui fait partie des cing stratégies des propagandes de guerres. C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de cet article.

 

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