Oui. OUI, vous avez cliqué sur cet article car vous avez été attiré(e) par le titre provocateur. Et oui, vous lirez cet article jusqu’au bout, car vous aimez la confiance teintée d’arrogance qui émane de ces premières lignes.

Bon, maintenant que le décor est planté, passons au sujet de l’article : le thé de terroir. Si je fais le lien avec le vin ici, et que j’insiste sur l’idée qu’il est possible de boire le vin de façon tout à fait inconsciente (vous le savez, mais à quel point? c’est ça la vraie question), c’est pour vous amener à réfléchir dans un premier temps sur le fait que nous (occidentaux) ne connaissons en général rien au thé (nous ne savons même pas qu’il en existe 6 couleurs par exemple. Oui, toi lecteur/trice, c’est de toi qu’il s’agit). Et dans un deuxième temps pour vous proposer d’appréhender le vin et le thé non pas uniquement pour leurs qualités gustatives, mais aussi et surtout comme des produits du terroir issus tous les deux de savoirs-faire ancestraux, et tous les deux porteurs de messages bienfaisants, pour la santé du corps et de l’esprit.

Allez, on reprend notre respiration, et on continue.

karsten-wurth-inf1783-65075-unsplashPhoto by Karsten Wurth on Unsplash
Voyez-vous le lien avec la photo de couverture de cet article?

Sentant que certain(e)s d’entre vous se demandent déjà où je veux en venir, et que je me dis que l’idée que je souhaite vous proposer va être plus fastidieuse à exprimer que prévu, je vous propose de lire ce compte rendu d’une dégustation de thé que j’ai écrit pour le site « Craftedleafteas« . Je vous laisse y voir les similitudes avec un compte rendu de dégustation de vin, et essayer de voyager un peu plus loin que notre culture européenne des produits du terroir, et en particulier du vin :

(Ce compte rendu concerne un thé de haute qualité appelé YaShiXiang Dancong, littéralement « Dancong à l’odeur de caca de canard ». Je l’ai traduit de l’anglais car le site pour lequel j’ai écrit est dans cette langue)

« Le nez de feuilles reposant dans la théière chaude avant infusion est incroyablement intense et apaisant. D’enivrants parfums floraux et de fruits exotiques se dégagent. Ce nez engageant vous met l’eau à la bouche. Première approche très prometteuse. 

Après la première infusion, une texture douce et relaxante, des arômes de noix s’imposent et laissent place à une danse raffinée de chèvrefeuille, chocolat blanc et résine de pin.
La longueur? Infinie.
Dix infusions plus tard (note : ce type de thé peut s’infuser jusqu’à 15 ou 20 fois successives), je suis frappé par le Cha Qi, (ou Qi du thé). Je flotte au pays du lait et du miel ou l’herbe est verte et les filles sont jolies (référence à Paradise city des Guns and Roses).
Ce thé est une méditation. Ma mère l’a beaucoup aimé. « 

Voilà. Combien de fois avez-vous déjà goûté un tel thé? Probablement jamais pour la plupart d’entre vous? Vous ne saviez d’ailleurs sûrement pas que le thé de terroir existait, n’est-ce pas? Hé bien, je crois que tout amateur/trice de vin qui cherche à comprendre le meilleur de ce que ce produit a à offrir, et qui boit du thé (même ceux et celles d’entre vous qui pensent ne pas aimer ça), doit s’intéresser à ce type de produit qu’est le thé de terroir.

Car je crois qu’il y a une certaine contradiction dans le fait de s’intéresser au vin, et à rechercher des vins de qualité, sans s’intéresser aux vrais thés d’artisans et se contenter de boire des thés en sachets plus que médiocres, qui sont une représentation vulgaire et très limitée de ce qu’est la culture du thé dans son essence.

Pour aller plus loin, et ces propos n’engagent bien sûr que moi, je dirais que ne s’intéresser qu’au vin, sans chercher à découvrir et à goûter la culture du thé véritable, relève d’une ouverture d’esprit limitée et un nombrilisme très (trop) français qui veut que le vin soit le seul produit représentant le savoir-faire et l’expression de ce que la Nature peut nous offrir comme message. Bon, d’accord, à moins peut-être que ce soient les anglais qui aient imposé cette vision étroite du thé à des fins commerciales, et que nous grenouilles ne sommes que les pauvres victimes de l’abus de ces méchants roast-beef roublards? Je suis dans le jugement. Mais peu importe : si vous vous intéressez au vin, ouvrez-vous, buvez des thés de terroir, apprenez à les infuser correctement, et intéressez-vous à cette culture.

Et vous ne serez plus jamais des buveurs de vin alcooliques inconscients, faites-moi confiance.

Vous pouvez vous demander pourquoi je suis là à m’acharner à essayer de vous convaincre de vous intéresser au thé de plus près. Essayerais-je de vous vendre quelque chose? visiblement non. Serais-je en train de vous donner des leçons de vie? Loin de moi cette idée.

La seule explication que je puisse vous donner à mon insistance est la suivante : essayez. Goûtez aux thés de terroir, intéressez-vous à la bonne façon de les infuser, et faites le lien avec la culture du vin. Le reste se fera tout seul.

Il ne s’agit en fait ni de moi, ni de vous, ni du vin et du thé.

Essayez et vous verrez.