C’est une question qui fait débat aujourd’hui car de plus en plus de vignerons/vigneronnes abandonnent le bouchon de liège pour passer au bouchon synthétique, et même au bouchon en verre, ce qui se fait beaucoup en Autriche par exemple.

Mais la première raison pour laquelle le bouchon de liège a encore de beaux jours devant lui, c’est pour le côté historico-culturel (première fois que j’utilise ce double mot, je trouve que ça fait bien…). La culture du chêne-liège, la récolte de son écorce pour en faire les fameux bouchons, les machines à embouteiller manuelles, les différentes tailles de bouchon liées au différents styles de vin, tout ceci fait partie d’une tradition que beaucoup de personnes ne voudraient pas voir s’évanouir. Dans le monde du vin, comme dans le monde de l’agriculture, même si la technologie a apporté de nombreux progrès (discutables pour certains dans le monde du vin), il n’en reste que les pratiques anciennes, la transmission du savoir de génération en génération, et l’approche empirique aussi sont encore farouchement sauvegardées.

Le bouchon de liège est presque un emblème, et le bouchon synthétique représente pour certains(nes) le déclin d’une tradition ancestrale.

Il faut savoir aussi que le bouchon de liège reste, de par sa porosité, le parfait outil pour favoriser le bon vieillissement du vin. Pour vieillir, le vin a besoin d’une petite exposition à l’air, très lente et maîtrisée, et c’est ce qu permet la porosité du bouchon de liège. Les défenseurs du bouchon synthétique argumenteront que c’est aussi ce que permet ce dernier, ce qui est sûrement vrai dans une certaine mesure, mais tout le monde n’y croit pas, et c’est compréhensible.

Enfin, il faut savoir que le bouchon synthétique ne garanti pas à 100% que le vin ne sera pas bouchonné. Je ne vais pas faire un article entier sur ce sujet car j’en parle déjà dans mon blog, mais en gros la bactérie qui donne le goût de bouchon ne vit pas que dans les bouchons de liège mais aussi dans les plafonds des chais par exemple et peut attaquer le vin de cette façon, même s’il y a un bouchon synthétique.

Donc pour résumer, nous ne sommes pas prêts de passer au tout synthétique pour des raisons principalement de tradition et de transmission de savoir culturel, mais aussi pour des raisons pratiques. Le bouchon de liège reste le meilleur allié des vins bâtis pour la garde,tandis que les bouchons synthétiques conviennent au vins à boire jeunes. Fait intéressant, en Nouvelle-Zélande, terre du sauvignon blanc, la plupart des vins (au moins 80% je crois) sont bouchés avec une capsule à vis.