A l’heure où la recherche concernant les énergies renouvelables et écologiquement viables bat son plein, une figure aux allures de savant fou propose des idées possibles tout à fait encourageantes et testées sur le terrain : il s’agit de Günter Pauli et sa fameuse économie bleue.

Günter Pauli est membre du Club de Rome : il milite pour la diffusion de solutions véritablement durables à dimension sociale, notamment à travers des livres, des conférences et l’éducation des jeunes.

L’économie bleue, c’est une économie durable basée sur l’observation intuitive de la nature et sa capacité à produire et recycler les déchets de façon permanente.

Ce modèle serait adaptable à une forme d’économie humaine incluant zéro pollution, et une valeur ajoutée à un produit unique, sans que ce produit n’implique de diminution de coûts de production pour conquérir de nouveaux marchés, mais au contraire un gain de valeur pour les consommateurs locaux.

Selon Günter Pauli, les océans sont la source d’énergie la plus sous-exploitée aujourd’hui. L’exemple des algues illustre très bien ce phénomène : au lieu de pousser dans une seule direction comme le maïs sur terre (droit vers le ciel), elles poussent sous l’eau en trois dimensions, dans toutes les directions. Et, ce qui est intéressant et à suivre de très près, c’est leur capacité à produire du biogaz, de l’énergie bleue en quelque sorte.

sharon-mccutcheon-644919-unsplashPhoto by Sharon McCutcheon on Unsplash

Là où notre passion pour le vin entre en jeu, c’est que ces fameuses algues ont aussi un autre atout : elle permettraient de lutter contre certaines maladies de la vigne, en remplaçant si possible tout intrant chimiques, produits et pesticides de synthèse. La société bordelaise ImmunRise l’affirme : certaines algues microscopiques permettent de lutter, en laboratoire, contre le mildiou à 100% , contre la pourriture grise (botrytis) à 50%, et contre certains champignons responsables de l’esca.

Ceci n’est pourtant pas vraiment nouveau : les paysans bretons utilisent les algues pour amender leurs terres depuis…presque toujours ! Les algues servaient alors, entre autres, à produire de la soude et de la potasse, naturelles bien sûr. Et l’iode, contenue dans les algues, est le fongicide le PLUS PUISSANT connu à ce jour ! Rappelez-vous ces temps où la Bretagne était une terre viticole, avant Louis XIV et sa décision d’en faire une terre céréalière… mon petit doigt me dit que l’algue à l’époque était déjà connue pour ses vertus dans l’agriculture et la viticulture :

« Palladius, auteur Latin du Vème siècle faisait déjà état de l’utilisation des algues pour amender les terres. Cet usage s’est maintenu et à donné lieu à un gigantesque commerce de troc en Bretagne« . (Source : www.persee.fr : l’exploitation des algues en Bretagne).

L’évolution des techniques permettant d’améliorer la lutte contre les maladies de la vigne n’est donc pas obligatoire cantonnée à la technologie et aux produits de synthèse. Bien au contraire. Cela semble évident pour certain(e)s, mais il peut être bon de le rappeler lorsque parfois le découragement peut s’installer, comme par exemple quand nous faisons face à certaines pratiques ou même politiques de prix (oui, vous avez compris, pas besoin de mettre le lien) qui ne prennent pas en compte la nécessité de ralentir plutôt qu’accélérer perpétuellement. Allez, si, je mets le lien quand même ici…

Si nos ancêtres savaient utiliser la nature pour palier aux éventuels problèmes rencontrés dans les vignobles, pourquoi pas nous? Beaucoup l’ont déjà bien compris et intégré. Ils/elles se reconnaîtront.